De l'Homme archaïque à l'Homme moderne

Publié le 18 Août 2018

Depuis toujours, les archéologues font de nombreuses recherches afin de connaître le premier continent à avoir accueilli l'Homme, et où ce dernier a migré.

Même si depuis peu, certains chercheurs étudient la possibilité que l'Homme ne soit pas originaire d'Afrique, cette hypothèse reste dominante.

Même si nous partons du principe que le premier homme, l'Homo erectus, est originaire d'Afrique (hypothèse la plus probable), deux hypothèses se confrontent quand à sa migration.

NOTE : Homo erectus est plus couramment appelé Homo ergaster.

 

Crâne d'Homo erectus
I - / Les deux hypothèses "Out of Africa"
 

A) "Out of Africa I"

La première hypothèse qui concerne la migration d'Homo ergaster est appelée "Out of Africa I". Selon cette hypothèse, H. ergaster aurait migré sur le continent asiatique il y a environ 1,8 millions d'années (Ma).

Des fossiles d'une sous-espèce d'H. ergaster ont été mis au jour en Géorgie, sur le site de Dmanisi. Ces fossiles datent d'il y a 1,8 Ma. Cette même sous-espèce a également été découverte sur diverses sites archéologiques d'Indonésie et d'Asie de l'Est.

Les fossiles datent d'il y a 1,7 à 1 millions d'années.

B) "Out of Africa II"

L'hypothèse "Out of Africa II" admet qu'Homo heidelbergensis, descendant d'H. ergaster, vivait il y a 700 000 ans en Afrique. Il aurait par la suite migré en Europe il y a 300 000 à 400 000 ans.

Crâne d'Homo heidelbergensis

Plus tard, plusieurs sous-espèces d'H.heidelbergensis apparurent, dont l'Hominidé de Denisova et l'Homme de Neandertal.

Crâne de l'Homme de Neandertal

La découverte d'hominidés de Denisovia en Russie a donné de précieuses informations aux archéologues qui ont trouvé, après des expertises génétiques, que néandertaliens et dénisoviens étaient liés.

Molaire de l'Hominidé de Denisova

Les chercheurs pensent que les humains modernes descendent d'H. heidelbergensis, situé en Afrique il y a 200 000 ans. Il aurait ensuite migré en Europe et en Asie il y a environ 100 000 à 50 000 ans.

Cette hypothèse est également connue sous le nom de "modèle de l'origine africaine récente", et s'oppose directement à l'hypothèse multi-régionale. En effet, cette dernière défend l'idée que tous les Hommes sont des descendants d'Homo ergaster, qui a migré hors d'Afrique il y a 1,8 Ma.

Les mutations entre les individus seraient alors dues à des mutations différentes.

 

II - / Le classement des individus

Lors de la découverte d'un individu, les archéologues réussissent à déterminer son origine grâce à 3 types de preuves :

  • Les preuves anatomiques (squelette)
  • Les preuves archéologiques (comportements, outils confectionnés)
  • Les preuves génétiques

Les preuves génétiques confirment l'hypothèse d'une migration hors d'Afrique relativement courte, car les humains modernes ont peu de variations génétiques entre eux.

Voici des preuves anatomiques que l'on trouve sur le crâne d'un individu :

Des traits archaïques :

  • Des arcades sourcilières épaisses
  • Pas de menton

Des traits modernes :

  • Grande boîte crânienne
  • Petites dents

Par ordre d'apparition :

  1. L'Homo erectus est un individu aux traits archaïques.
  2. L'Homo heidelbergensis est un individu aux traits archaïques et modernes.
  3. L'Homo sapiens est un individu aux traits modernes.
Crâne de l'Homo sapiens

Quelques découvertes de spécimens, notamment en Chine, s'opposent aux deux hypothèses "Out of Africa I" et "Out of Africa II". Les archéologues cherchent donc à savoir s'il ne s'agit que de quelques exceptions ou si ces découvertes sont à l'origine d'une nouvelle hypothèse.

 

III - / Le site de Zhoukoudian
Le site de Zhoukoudian

Le site de Zhoukoudian se situe en Chine, au sud-ouest de Pékin. C'est l'un des plus grands chantiers archéologiques chinois. Les tous premiers humains s'y sont installés car le site était composé d'importantes réserves en eau ainsi que de nombreuses grottes calcaires. Il s'agit de l'Homo erectus pekinensis (ou "homme de Pékin"), qui a vécu au cours du Pléistocène moyen, soit il y a 700 000 à 200 000 ans.

Crâne de l'Homme de Pékin

Gunnar Anderson, géologue et archéologue suédois, a effectué des fouilles sur le site dès 1918. Il a découvert de nombreux restes d'hominidés à l'intérieur d'une falaise de roche sédimentaire calcaire.

Il y a un moment, les habitants de la région ont mis au jour un os mystérieux. Ils l'appelèrent "os de dragon". Cela suscita l'attention d'Anderson qui décida alors d'éclairer le mystère à partir de 1921. Au cours d'une fouille, il découvrit un morceau de quartz qui semblait être un outil tranchant. Grâce à cette découverte, G.Anderson en déduit que l' "os de dragon" n'était en fait qu'un os humain !

Pendant les années qui suivirent, les fouilles s'enchaînèrent. En 1927, une molaire supérieure d'hominidé fut découverte par Davidson Black, un anthropologue canadien. Après analyses, D. Black vit qu'il s'agissait d'une dent humaine, qui appartenait à l' "homme de Pékin".

Pei Wenzhong, géologue chinois, a fait une découverte extraordinaire qui mit tous les chercheurs du même avis quand à l'existence de l'Homo erectus pekinensis. En effet, il mit au jour un crâne quasiment complet. Ce dernier était situé dans de l'argile rouge, à l'intérieur d'une des grottes du site.

Anatomie du crâne de l' "homme de Pékin" :

  • Os épais
  • Large mâchoire
  • Absence de menton
  • Profil plat
  • Petit front
  • Grande boîte crânienne (environ 1 000 à 1 300 cm3)

 

IV - / Le site de Liang Bua
Le site de Liang Bua

Le site de Liang Bua se situe en Indonésie, plus précisément sur l'île de Flores. C'est une grotte calcaire connue depuis 2003, lorsque des archéologues ont mis au jour un tout petit squelette de femme adulte. Il datait d'environ 18 000 ans.

Ayant des caractéristiques différentes de celles des autres espèces connues à ce jour, les chercheurs la classèrent dans une espèce, Homo floresiensis.

Crâne de l'Homo floresiensis

Au début, les archéologues pensaient qu'Homo floresiensis avait vécu jusqu'à il y a environ 12 000 ans, mais une fois les recherches abouties, ils en conclurent que cette espèce avait vécu sur Terre entre -190 000 et -50 000 ans.

La femme adulte retrouvée, elle, aurait vécu il y a 89 000 à 68 000 ans, ce qui coïncide plus avec la migration de l'Homme moderne hors d'Afrique.

 

Revoir le chapitre précédent

Rédigé par Enzo

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