Ouvrage : "Une résidence de la noblesse gauloise. Le camp de Saint-Symphorien à Paule (Côtes-d’Armor)"

Publié le 22 Octobre 2021

1ère de couverture

1ère de couverture

     1) : Informations générales

 

Auteurs : Barbara Ambruster, Gérard Aubin, Clémentine Barbau, Anna Baudry, Marion Berranger, Paul-André Besombes, Maryse Blet-Lemarquand, Karine Chanson, Sophie Coadic, Émilie Dierstein, Anne Dietrich, Vincent Drost, Bernard Gratuze, Caroline Hamon, Fanette Laubenheimer, Solenn Le Forestier, Joseph Le Gall, Hélène Le Nagard, Thierry Lorho, Patrick Naas, Marilou Nordez, Michel Pernot, William Van Andriga, Anne Villars-Le Tiec

Direction : Sous la direction d'Yves Menez

Nombre de pages : 416

Parution : juin 2021

Maison d'éditions : Éditions de la Maison des sciences de l'homme

Édition : 1ère édition

Collection : "Documents d'archéologie française"

Type d'ouvrage : Rapport

Prix : 76,00 €

 

Exemple de plan proposé dans cet ouvrage

Exemple de plan proposé dans cet ouvrage

     2) : 4ème de couverture

 

          Avant 1988 et les travaux routiers qui ont provoqué l'intervention archéologique exposée dans le présent ouvrage, le site de Paule n'était qu’une enceinte en terre parmi d’autres en Bretagne. Dès les premières fouilles, il a cependant montré sa singularité : sculptures, clôtures monumentales et tessons d’amphores en nombre ont rapidement permis d’y reconnaître une résidence aristocratique.


À l’issue de vingt ans de recherche nous sont donnés à voir, sur près de 10 hectares, six siècles d’une occupation continue : depuis la fondation de la ferme d’origine vers 550 av. J.-C. jusqu’à l’abandon du site vers 15 av. J.-C., peu après la Conquête, le lecteur est appelé à suivre, sous une forme vivante et simple, attachée aux faits humains, les adaptations aux variations de son environnement d’une famille d’aristocratie foncière. Les nécessités de l’agriculture, de la défense, du stockage, un embryon d’artisanat modèlent tour à tour les bâtiments et la distribution de l’espace. Le noyau central familial se détache peu à peu de ses dépendants, relégués dans un enclos périphérique, puis attire une population venue des environs et l’englobe dans une vaste fortification.


Les méthodes employées pour l’analyse sont celles de l’archéologie classique, dont la qualité repose ici sur leur cohérence. Yves Menez, dont la recherche sur Paule a été sanctionnée par un doctorat en Sorbonne, ne se contente pas de livrer à la réflexion une documentation complète et objective. Il s’appuie sur sa double formation d’archéologue et d’ingénieur pour s’engager — intégrant les phénomènes observés dans les transformations d’un territoire plus large — dans une approche historique et anthropologique. À chacune des étapes, il se pose la question du « pourquoi » qui renvoie à la structure de la société, à l’importance de la famille, du lignage et à la mise en place des institutions.


La lecture des vestiges est soutenue par une abondante illustration en couleurs, incluant des restitutions fondées sur un modèle numérique de terrain. Enfin, des légendes en anglais et un résumé détaillé en tête de chaque chapitre garantissent au public international un accès aisé à la démonstration.       

     3) : Table des matières

 

  • Chapitre 1 : Le cadre de l’intervention, p. 19
  • Chapitre 2 : De 550 à 300 av. J.-C., le premier domaine familial (phase 1), p. 31
  • Chapitre 3 : De 300 à 250 av. J.-C., la résidence monumentale (phase 2), p. 77
  • Chapitre 4 : De 250 à 175 av. J.-C., la résidence fortifiée (phase 3), p. 99
  • Chapitre 5 : De 175 à 150 av. J.-C., l’incendie, la reconstruction et l’extension (phase 4), p. 111
  • Chapitre 6 : De 150 à 20 av. J.-C., la naissance d’une agglomération (phase 5), p. 149
  • Chapitre 7 : De 20 av. J.-C. à 15 ap. J.-C., la fin (phase 6), p. 149
  • Chapitre 8 : Quelques considérations sur le mobilier, p. 229
  • Chapitre 9 : Quelques considérations sur l’architecture, p. 313
  • Chapitre 10 : L’enceinte et le territoire, p. 331
  • Chapitre 11 : L’aristocratie du second âge du Fer et ses résidences, p. 355
  • Chapitre 12 : Epilogue, p. 379
  • Annexe : Nouvelle étude du « pendentif » en or de Paule, p. 396
  • Sources : p. 399
  • Bibliographie générale : p. 401

 

Exemple de schéma proposé dans cet ouvrage

Exemple de schéma proposé dans cet ouvrage

     4) : Ma présentation

 

     1) : Présentation générale

Cet ouvrage scientifique de 416 pages présente l'occupation passée du site de Saint-Symphorien à Paule qui s'est déroulée de manière continue sur près de six siècles entre 550 BC et 15 AD. Ces phases d'occupation successives sont en très grande majorité révélées par les sources archéologiques qui permettent de se faire une idée globale et précise de l'installation de l'homme sur ce territoire au cours du temps. Les vestiges retrouvés (mobilier, bâtiments, trous de poteaux, ...) permettent de distinguer des similitudes et des différences entre les phases d'occupation et donc de voir l'évolution du territoire. Mais elle permet en premier lieu d'appréhender l'organisation du site à ces époques. Bien que la première installation du site ait eu lieu aux alentours de 550 avant notre ère, la phase d'occupation qui a le plus intéressé les chercheurs de par son ampleur est celle du second âge du Fer puisqu'elle témoigne de l'installation de la noblesse gauloise dans le nord-est de la Gaule et permet ainsi d'apporter de nouvelles informations sur cette partie de la population.

Cet imposant ouvrage s'adresse tout particulièrement aux spécialistes, aux doctorants ainsi qu'aux passionnés de l'habitat gaulois. Dans tout les cas, il permet de comprendre les toutes dernières interprétations des archéologues proposées à partir des fouilles archéologiques réalisées depuis plusieurs décennies sur le site.

Vous l'aurez compris, ce rapport insiste sur la notion d'évolution de l'occupation du site, d'une part au travers des changements sur la structure même du site (plan, fonction des bâtiments, environnement) et d'autres part sur des caractéristiques plus spécifiques comme les matériaux de construction utilisés, la structure des bâtiments, les objets découverts, ...

Toutes ces évolutions demandent de nombreuses études pluridisciplinaires mêlant archéologie du bâti, carpologie, palynologie, anthracologie, anthropologie, ...

 

     2) : Résumé général

Sans dévoiler les spécificités du site que l'on retrouve dans cet ouvrage, voici un résumé général qui permettra au lecteur, je l'espère, de se faire une idée assez précise de ce qu'il pourra découvrir dans le livre :

Après avoir présenté les cadres généraux des campagnes de fouilles ayant été réalisées sur le site au fil du temps, les auteurs nous présentent la première phase d'occupation du site qui a eu lieu entre 550 et 300 avant notre ère (même si des vestiges remontant à l'Âge du Bronze ont été identifiés). Cette première installation de l'Âge du Fer n'est pas très étendue mais elle n'en est pas moins intéressante puisqu'elle est constituée d'un habitat principal entouré de clôtures. Les archéologues ont également mis en évidence la présence d'une ancienne carrière de dimensions considérables servant à se procurer du grès armoricain. La maison en elle-même fait l'objet d'une présentation approfondie. Un autre bâtiment a été mis au jour grâce à la découverte de 6 trous de poteaux mais il est difficile de connaitre la nature de cet édifice. La première occupation correspond également à la construction d'une cave et de quatre sous-terrains. On y retrouve aussi plusieurs dépendances semi-enterrées : des ateliers de tissage ainsi que des celliers. Les archéologues ont retrouvé l'emplacement de deux enclos funéraires ainsi que de plusieurs stèles qui ont été abattues puis enfouies. Le chapitre 2 nous présente, quand à lui, l'état du réseau routier au VIe siècle avant notre ère.

La deuxième phase d'occupation de l'Âge du Fer (300 - 250 BC), de plus grande ampleur que la première, est présentée dans le chapitre 3. Il est intéressant de savoir qu'avant de construire les nouveaux édifices, les habitants ont tout d'abord détruit les constructions de la phase précédente, y compris une grande partie des clôtures.  Des talus et des remparts ont été édifiés pour sécuriser l'habitat. On entrait dans l'avant-cours par une grande porte placée dans les remparts qui disposaient également de tours d'angles dont deux d'entre-elles sont décrites dans l'ouvrage (tours nord-est et sud-est). Les auteurs se focalisent ensuite sur les édifices de la cour principale, à savoir une maison, peut-être ce qui correspond à un second bâtiment résidentiel, une citerne, des souterrains (numérotés de 5 à 8 pour ceux présentés en détails). Les auteurs terminent par les constructions de l'avant-cours puis par une interprétation générale de l'habitat avec un probable partage de la résidence entre la maison principale et les dépendances : une véritable résidence monumentale !

La phase d'occupation suivante, qui s'est déroulée entre 250 et 175 avant notre ère, a vu naître une second enceinte fortifiée, quadrangulaire, qui englobe la totalité de l'habitat et de la première enceinte ce qui permet une défense très efficace du site avec une double-enceinte, les deux remparts étant espacés de moins de 10 mètres l'un de l'autre. Cette nouvelle enceinte à nécessairement provoqué la construction de nouvelles portes d'accès ainsi que de plusieurs tours d'angles. L'avant-cour dispose désormais d'une clôture et de portes mais les archéologues ont surtout constaté une véritable mise en défense de l'habitat : il s'agit désormais d'une véritable résidence fortifiée !

Un incendie, daté du deuxième quart du IIe siècle avant J.-C., est survenu sur le site en entraînant par conséquent de nombreux dégâts sur les constructions. Archéologiquement, cet événement est visible par les décombre qu'il a laissé derrière lui, à savoir des matériaux carbonisés (blocs d'argile, pièces de bois, ...). Les habitants de cette époque procèdent donc à une reconstruction qui est perceptible par une réorganisation générale de l'habitat. Le bâtiment résidentiel principal - la maison - est elle-même réorganisée. Un nouveau bâtiment est érigé. Il est aujourd'hui visible grâce à la conservation de certains tronçons. Le long du fossé de l'enceinte, trois espaces sont utilisés comme des citernes. La zone fortifiée est étendue ce qui permet notamment la construction de nouveaux aménagements dans la basse-cour. En effet, les archéologues ont mis au jour la présence d'un bâtiment qui pourrait être interprété comme une écurie (l'hypothèse n'a pas été confirmée). C'est également à cette époque que les chercheurs ont identifié un premier site de stockage délimité par un enclos de forme carrée ainsi qu'un second rectangulaire situé à près de 100 mètres du précédent. Dans le sud-ouest du sud se trouvait un fossé de drainage. Les auteurs décrivent également le réseau routier au IIe siècle avant notre ère. En résumé, il s'agit à cette époque d'une résidence monumentale commandant une vaste enceinte.

Au cours de la cinquième phase d'occupation du site, qui commence en -150 et se termine en -20, on réalise le remblaiement du fossé séparant la cour de l'avant-cour et la création d'un atelier de forge. La partie résidentielle de l'habitat voit ses défenses encore renforcées avec le doublement de l'enceinte remontant à la phase 3. Une nouvelle porte est donc mise en place, au nord du site. Une seconde porte est installée, cette fois-ci au sud, ce qui permet de traverser la zone d'habitation plus rapidement. Entre les deux remparts qui protégeaient le centre de la forteresse, un four a été mis en place. Les archéologues ont aussi mis en évidence la présence d'un bâtiment carré grâce à l'identification de fondations de poteau. C'est également à cette période qu'une rectification de l'angle nord-ouest et de l'enceinte intérieure a lieu. Sous la maison, de nombreux artefacts ont été mis au jour dans le comblement du sol. En effet, de nombreux tessons de céramique gauloise, des objets en pierre, en bronze et d'autres encore en fer on pu être récupérés. Une des grandes spécificités de cette période est la création d'un puits (et d'un second avorté). On constate également un renforcement général des défenses de toute la zone avec la réorganisation de certaines structures. A l'extrême sud-ouest de la zone de fouilles, trois fosses ont été excavées. Elles correspondent probablement a des espaces funéraires mais il n'est pas possible d'affirmer s'il s'agit d'inhumations ou de crémations, la première hypothèse étant tout de même privilégiée.

La dernière phase d'occupation (-20 à 15 ap. J.-C.) est décrite dans le chapitre 7 de l'ouvrage. On y apprend la démolition de la résidence ainsi que la destruction des remparts à poutrage. La récupération des portes et des palissades est très présente. Les autres bâtiments sont eux aussi démontés, les puits comblés mais ce déclin n'est pas synonyme d'un abandon complet du site puisque les archéologues ont découvert un petit habitat dans l'avant cours qui remonte à cette période. Les auteurs établissent une chronologie de cette phase complexe du site. Un sanctuaire est mis en place et de nombreuses monnaies sont découvertes. La suite du chapitre nous montre rapidement comment les occupations postérieures ont voulu pérenniser la mémoire du site, mais il faudra lire ce chapitre pour en savoir plus ! ;)

Exemple de texte proposé dans cet ouvrage

Exemple de texte proposé dans cet ouvrage

     5) : Ma critique

 

     1) : Sur la forme...

Ce livre est un peu compliqué à manier au vu de son très grand format. Sa couverture souple offre un bel aperçu de ce qui attend le lecteur à l'intérieur. En effet, il pourra y admirer de nombreuses illustrations tels que des plans, des schémas, des photos et des restitution en trois dimensions qui permettent une meilleure compréhension du texte disposé en plusieurs chapitres et sous-parties. Ces chapitres sont organisés de manière chronologique pour la plupart ce qui permet une bonne compréhension de l'évolution du site alors que les derniers sont plutôt organisés de manière thématique suivant les vestiges étudiés (mobilier, architecture et organisation du territoire).

Le texte est un peu petit et pas toujours justifié mais la lecture est fluide et compréhensible. Cet ouvrage est coûteux - 76,00€ - mais il s'agit d'un très bon investissement car le contenu y est ! En effet, tout est abordé et les descriptions et interprétations sont de qualité car étant réalisées par des professionnels qui ont, pour la plupart, participé voire même dirigé les chantiers de fouilles.

 

     2) : ... et le fond !

Le contenu de l'ouvrage n'est pas une surprise compte tenu du titre. Il permet en effet de se faire une idée à la fois globale et précise d'un exemple d'habitat gaulois mais surtout de son évolution qui est très bien mise en valeur au travers des chapitres.

La seule petite limite que l'on pourrait poser à cet ouvrage est l'absence d'explications sur les méthodes de datations utilisées et les exemples d'application sur le site en particulier. Les résultats nous sont fournis mais nous n'avons pas accès aux procédés de recherche.

Cet ouvrage compréhensible contient un certain nombre de termes qui demandent certaines connaissances dans le domaine  ce qui explique le principal public visé à savoir les spécialistes et les étudiants.

Il nous permet de connaitre tout ce qu'il y a à savoir sur le site de Saint-Symphorient à Paule au travers des nombreuses fouilles archéologiques réalisées depuis la fin du XXe siècle.

 

     6) : Comment se le procurer ?

Cet ouvrage scientifique est disponible :

  • Sur le site du Comptoir des presses universitaires au prix de 76,00€ en cliquant ici !

Rédigé par Enzo

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article