Aï Khanoum

Publié le 26 Juin 2018

1 - / Présentation

Située dans le Nord-Est de l'actuel Afghanistan, Aï Khanoum est une cité antique devenue très célèbre aujourd'hui. Elle se situe près de la frontière avec le Tadjikistan, dans la province de Takhar . A côté de la cité se trouve la rivière Kokcha, qui se jette dans le fleuve Amou-Daria.

Aï Khanoum
Source image : http://slideplayer.fr/

La cité a été construite au IV°siècle avant J-C par les grecs, sous la direction d'Alexandre le Grand. Au cours de l'histoire, la ville fut appelée de diverses manières. En effet, Ptolémée l'appela Alexandrie de l'Oxus alors que bien plus tard, Eucratide 1er, souverain du royaume gréco-bactrien, la surnomma Eucratidia.

 

Malgré le fait que la cité obtint le privilège d'être nommée capitale du royaume gréco-bactrien, elle fut détruite au cours de la seconde moitié du II°siècle avant J-C par des peuples nomades et des populations autochtones qui ont ensuite récupéré les matériaux de construction dont ils avaient besoin.

Grâce à sa découverte en 1960, le site a pu être fouillé par des archéologues français, entre 1964 et 1978. Ces derniers appartiennent à la délégation archéologique en Afghanistan. Ces fouilles ont permis d'en apprendre beaucoup sur l'hellénisme en Asie centrale.

 

Malheureusement, avant que toutes les fouilles aient pu avoir lieu, le site a été pillé et, à partir de 1978, bombardé plusieurs fois par les talibans, entraînant ainsi d'importantes dégradations. C'est pour cette raison que les vestiges retrouvés sont très précieux et gardés dans les collections du musée national afghan, à Kaboul.

 

Ce site est très célèbre et ses collections, celles qui ont pu être sauvées, ont fait le tour du monde. En effet, l'exposition «Afghanistan – Les trésors retrouvés» (2006-2007) a été exposée au musée national des arts asiatiques (Guimet) à Paris, mais également en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.

 

Ce site, bien que pillé, reste aujourd'hui un grand trésor du patrimoine Afghan. Il témoigne de la conquête importante d'Alexandre Le Grand en Asie, mais également de la destruction du patrimoine archéologique Afghan.

 

 

2 - / Localisation et Histoire

          A) Localisation

La cité d'Aï Khanoum n'a pas été construite n'importe où. En effet, elle se situe sur un site propice au bon développement de la ville. Les conditions agricoles n'étaient pas trop difficiles, beaucoup de minerais (principalement spinelles* et or) étaient présents dans les roches. La ville était également une cité commerciale importante et sa position géographique la rendait facile à défendre. La cité était alimentée par l'Oxus, un fleuve qui se jette dans la mer Aral.

*spinelles : Pierres fines utilisées en joaillerie. Les spinelles de couleur rouge ont longtemps été confondues avec le rubis, ce qui leur a donné une grande valeur. 

          B) Histoire

La ville a donc été édifiée au cours du IV°siècle avant J-C. Deux siècles plus tard, au milieu du VI°siècle avant J-C, la cité fut annexée au royaume achéménide par Cyrus le Grand. Pendant plusieurs siècles, la cité se développa sous le contrôle de Cyrus le Grand, mais au III°siècle avant J-C, avec l'instigation de Diodote 1er, elle devint indépendante. C'est à partir de ce moment que la ville devint cosmopolite. Les habitants de la cité avaient une haute culture helléniste. En effet, les archéologues ont découvert de nombreux artéfacts sur le site.

 

3 - / La découverte du site

En 1838, John Wood, lieutenant de la Compagnie anglaise des Indes Orientales explore pour la première fois le site d'Aï Khanoum. Par la suite, Jules Barthoux, l'explore à son tour. En 1961, ou en 1963 (selon les scientifiques), le roi d'Afghanistan Mohammad Zaher Shah a pris connaissance de la découverte du site d'Aï Khanoum lors d'une chasse royale.

 

A partir de 1964, une équipe est envoyée sur place pour effectuer les premiers repérages du site. Cette équipe a découvert plusieurs grands monuments qui prouvent la probable présence grecque en Asie centrale.

Entre 1964 et 1979, la DAFA (Délégation Archéologique Française en Afghanistan) fouille le site pour mettre au jour le maximum de vestiges présents dans l'ancienne cité. Cette délégation a été aidée par deux archéologues russes, de 1965 à 1966. Cette mission a permis de dévoiler d'importants vestiges. En effet, un gymnase, un théâtre ainsi qu'un nombre important de chapiteaux corinthiens* ont été découverts.

Chapiteaux
Source image : https://fr.wikipedia.org

*chapiteau corinthien : Partie d'un monument située au dessus d'une colonne ou d'un pilier édifié selon le style architectural corinthien, qui est le dernier des trois ordres architecturaux grecs. Visuellement, le chapiteau est caractérisé par une grande richesse d'éléments. Sous ces motifs sont présents deux rangées de feuilles d'acanthe.

 

Malheureusement, juste après la crise politique qui toucha le pays en 1978 et le déclenchement de la guerre d'Afghanistan en 1979, les fouilles furent abandonnées.

Pendant les années qui suivirent, les pillages s'enchaînèrent et les vestiges disparurent les uns après les autres. Le site d'Aï Khanoum tomba peu à peu dans l'oubli.

 

4 - / La redécouverte du site

          A) La redécouverte

Ce n'est qu'en 1993 que les archéologues commencèrent à reprendre contact avec la cité. Elle n'était plus dans un aussi bon état que dans les années 1960 et 1970. En effet, à cause des pillages, des galeries ont été creusées et des bombardements ont eu lieu, dans le seul but de voler les matériaux de construction pour s'enrichir. Même les éléments de fondations des monuments furent détruits. Ces pillages durèrent jusqu'en 2001. Ce n'est que deux ans après, en 2003, que les travaux archéologiques reprirent.

 

          B) Les vestiges mis au jour

La cité était protégée par des remparts longs de 3 kilomètres. Sur le côté nord de la ville, 18 tours défensives étaient situées le long de l'enceinte, ce qui permettait d'apercevoir l'ennemi à une longue distance puisqu'elles mesuraient jusqu'à 10 mètres de hauteur. Les autres côtés de la ville étaient moins protégés.

Aï Khanoum
Source image : http://www.cliolamuse.com/

Le palais de la cité a également été révélé. Il mesure 350 mètres de longueur et 250 mètres de largeur. Lors de sa découverte, il était dans un bon état. De nombreux vestiges ont été découverts à l’intérieur du bâtiment. Ce monument était très imposant. En effet, on pouvait y trouver des bâtiments politiques, économiques, résidentiels et administratifs ainsi qu'une grande cour, où était gardée la trésorerie royale. Dans l'architecture de ce palais, on peut trouver les traces de plusieurs peuples comme les babyloniens, les achéménides, et les grecs. L'Architecture perse est également présente au travers des formes gréco-bactriennes.

Aï Khanoum
Source image : http://ususmundi.info/accueil/

Le théâtre qui se situe sur le site est un monument très oriental. Il a principalement été édifié en brique crue mais la scène a été construite en bois. Il mesure 17 mètres de hauteur, 84 mètres de diamètre. Les 6 000 spectateurs étaient disposés sur 35 rangées de sièges.

Aï Khanoum
Source image : http://theatreofancientgreece.blogspot.com/

Le gymnase de la ville avait pour but de former les élites grecques. Situé à l'extrême ouest de la cité, il est de forme carrée et mesure 100 mètres de côté.

Aï Khanoum
http://antikforever.com/

 

Merci d'avoir lu cet article !

Rédigé par Enzo

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B
Merci pour cette super weblog et article. Le site se trouve à Takhar pas à Kondoz :)
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E
Merci pour ce commentaire très encourageant. Merci pour l'erreur :)

Enzo l'Apprenti Archéologue