Publié le 22 Janvier 2022

Première de couverture - Enzo l'Apprenti Archéologue

Première de couverture - Enzo l'Apprenti Archéologue

1) : Informations générales

 

Auteur : Sous la direction de Yves Coppens et Amélie Vialet

Nombre de pages : 424

Parution : 26 août 2021

Maison d'édition : Académie Pontificale des Sciences & CNRS Editions

Type d'ouvrage : Actes du colloque Who was who, who did what, where and when ?, tenu à Rome à l'Académie pontificale des sciences les 12 et 13 avril 2019

Prix : 25,00 €

2) : 4ème de couverture

 

Les incroyables découvertes paléontologiques et préhistoriques de ces derniers temps permettent de mieux comprendre l’origine africaine de l’Homme, survenue il y a 3 millions d’années, due à une simple nécessité d’adaptation à un changement climatique. Elles racontent les quelques millions d’années qui la précèdent comme ceux qui la suivent.

L’ambition de ce livre est d’éclairer cette extraordinaire période qui voit la matière vivante se faire matière pensante. On y apprend que la lignée des Préchimpanzés et celle des Préhumains se sont séparées il y a une dizaine de millions d’années, la seconde s’établissant dans un milieu moins boisé que la première. On y voit ces Préhumains se mettre debout, marcher mais grimper encore. Six genres et une douzaine d’espèces illustrent ainsi cette extraordinaire radiation qui s’épanouit de 7 à 2 millions d’années dans l’arc intertropical, du Tchad à l’Afrique du Sud en passant par l’Éthiopie, le Kenya, la Tanzanie et le Malawi. Puis ces premiers humains, longtemps inféodés à la savane d’Afrique, en sortent et c’est en Israël, en Géorgie, en Turquie, au Pakistan, en Inde, au Laos, en Indonésie, en Chine, mais aussi, de l’autre côté, en Italie, en France, en Espagne, qu’on va les retrouver et les suivre, à partir de 2 millions d’années au moins en Asie, à partir d’un généreux million d’années en Europe… Et on y voit ensuite l’Homme moderne naître à son tour en Afrique, s’y déployer et en sortir il y a 200 000 ans. Cette belle histoire est bien entendu accompagnée de multiples événements qui tous posent de nouvelles questions qui la compliquent et l’enrichissent.

Les conteurs, tous acteurs, sont Zeresenay Alemseged, Lee R. Berger, José Braga, Michel Brunet, Ronald J. Clarke, Yves Coppens, Anne Dambricourt Malassé, Fabrice Demeter, Robin Dennell, Yohannes Haile-Selassie, Sonia Harmand, Israel Hershkovitz, Dirk L. Hoffmann, Jean-Jacques Hublin, Marie-Hélène Moncel, François Sémah, Brigitte Senut et Amélie Vialet.

3) : Table des matières

  • Avertissement, p. 7
  • Les auteurs, p. 9
  • Préface (Joachim Von Braun), p. 13
  • Introduction (Yves Coppens), p. 15
  • Sahelanthropus tchadensis dit "Toumaï. Le plus ancien membre connu de la famille humaine (désert du Djourab, 7 Ma, Tchad) (Michel Brunet), p. 19
  • Qui était Orrorin tugenensis ? Son apport à la question des origines des hominidés (Brigitte Senut), p. 29
  • The World's First Near-Complete Australopithecus skeleton from the Sterkfontein Caves, South Africa (Ronald J. Clarke), p. 55
  • Le premier squelette presque complet d'Australopithecus des grottes de Sterkfontein en Afrique du Sud (Ronald J. Clark), p. 73
  • Mid-Pliocene hominin diversity (Yohannes Haile-Selassie), p. 83
  • La diversité des hominines du Pliocène moyen (Yohannes Haile-Selassie), p. 95
  • Earliest Stone Tool Use in Hominins and the Significance of the Dikika Cutmarks (Zeresenay Alemseged), p. 101
  • L'utilisation des premiers outils de pierre chez les hominines et la signification des traces de découpe de Dikika (Zeresenay Alemseged), p. 123
  • Devenir humain (Sonia Harmand), p. 139
  • Homininés robustes et graciles, deux réponses au même changement climatique (Yves Coppens), p. 153
  • Les nouveaux homininés de l'Unité P à Kromdraai (José Braga), p. 161
  • Homo naledi and Australopithecus sediba (Lee R. Berger), p. 173
  • Homo naledi et Australopithecus sediba (Lee R. Berger), p. 173
  • Activités hominiennes dans la plaine inondable sous-himalayenne à la fin du Pliocène (Anne Dambricourt Malassé), p. 197
  • The earliest evidence for hominins in Asia (Robin Dennell, Zhaoyu Zhu and Weiwen Huang), p. 213
  • Les plus anciennes preuves de la présence d'hominines en Asie (Robin Dennell, Zhaoyu Zhu et Weiwen Huang), p. 239
  • La conquête de l'Asie du sud-est insulaire au croisement de la nature et de la culture (François Sémah, Anne-Marie Sémah, Truman Simanjuntak et Harry Widianto), p. 249
  • Premières expansions humaines depuis l'Afrique. Que peut-on apprendre de la Turquie et de sa région ? (Amélie Vialet, Mehmet Cihat Alçiçek et Ahmet Ihsan Aytek), p. 269
  • Les premières occupations en Europe (Maire-Hélène Moncel), p. 285
  • L'émergence et l'expansion des Homo sapiens (Jean-Jacques Hublin), p. 311
  • Past and recently discovered fossils from the Lower-Middle Pleistocene, Israel (Israel Hershkovitz), p. 329
  • Fossiles du Pléistocène inférieur et moyen anciennement et récemment découverts en Israël (Israel Hershkovitz), p. 349
  • Tam Pà Ling and the Eastern Asian Hominin Fossil Record (Laura Shackelford, Anne-Marie Bacon and Fabrice Demeter), p. 359
  • Tam Pà Ling et les fossiles d'Asie extrême-orientale (Laura Shackelford, Anne-Marie Bacon et Fabrice Demeter), p. 373
  • New ages for old paintings (Dirk L. Hoffmann, Marcos Garcia-Diez, Michel Lorblanchet, Paul B. Pettitt, Alistair W. G. Pike, Chris Standish and João Zilhão), p. 383
  • Nouvelles datations pour vieilles peintures ((Dirk L. Hoffmann, Marcos Garcia-Diez, Michel Lorblanchet, Paul B. Pettitt, Alistair W. G. Pike, Chris Standish et João Zilhão), p. 393
  • "Qui était qui, qui a fait quoi, où et quand ?" (Yves Coppens), p. 399
  • "Who was who, who did what, where and when?" (Yves Coppens), p. 403
  • Résumés, p. 407
  • Remerciements, p. 423
4ème de couverture - Enzo l'Apprenti Archéologue

4ème de couverture - Enzo l'Apprenti Archéologue

4) : Mon compte-rendu

 

Les auteurs nous préviennent tout d'abord que chaque chapitre en anglais est immédiatement suivi de sa traduction française. La liste complète des auteurs nous est ensuite proposée accompagné pour chacun, de son lieu de rattachement. Yves Coppens, qui a codirigé la production de cet ouvrage avec Amélie Vialet, introduit l'ouvrage en spécifiant que sa publication fait suite à un symposium qui s'est déroulé en 2013. Le choix des chapitres est donc a remettre dans le contexte de 2013 avec les problématiques de recherches qui étaient donc plus ou moins différentes de celles actuellement traitées.

Le premier chapitre se focalise sur la présentation de l'état de la recherche concernant "Toumaï", qui est le plus ancien membre connu de la famille humaine. L'auteur de ce chapitre, Michel Brunet, commence par une très brève historiographie concernant la séparation des grands singes et des humains. Illustrés par de nombreuses figures (une carte et cinq dessins), ces quelques paragraphes nous présentent l'origine de l'Homme et ses premiers représentants connus. La problématique la plus mise en avant est de savoir dans quelle région ont vécu les tous premiers humains. Après avoir annoncé plusieurs hypothèses avancées par des chercheurs du monde entier, celle retenue par l'auteur est que ces premiers humains vivaient non seulement en Afrique australe et orientale mais aussi en Afrique tropicale sahélienne, ce qui augmente donc considérablement l'espace d'habitation. Ces sept pages présentent donc très brièvement la genèse de l'humanité qui se termine par une conclusion "encore très provisoire" rappelant notamment quelques dates sur l'évolution de l'Homme (apparition des Australopithèques, du genre Homo, premières migrations hors d'Afrique, expansion de l'Homme anatomiquement moderne (Homo sapiens) et début de la sédentarisation).

Le chapitre suivant, intitulé "Qui était Orrorin tugensis ? Son apport à la question des origines des hominidés" a été rédigé par Brigitte Senut. Il s'agit d'un article plus détaillé que le précédent (23 pages) qui a pour but de présenter en détail ce que l'on connait de cette espèce. A la suite d'un point historiographique nécessaire pour la compréhension de la suite du chapitre, l'auteure présente "la stratigraphie des collines Tugen", qui sont les lieux de découvertes des individus rattachés à Orrorin tugenensis. Les paragraphes suivants sont plus scientifiques. En effet, il s'agit de la présentation de tous les ossements rattachés à cette espèce qui ont été mis au jour jusqu'à aujourd'hui. En découlent deux sous-parties descriptives et comparatives sur ces ossements. La première est centrée sur l'analyse de l'anatomie dento-gnathique et la seconde sur l'anatomie postcrânienne des individus retrouvés. Cette partie descriptive est suivie d'une partie interprétative qui a pour but de soutenir l'hypothèse selon laquelle Orrorin tugenensis n'est pas un Australopithèque. Cette courte sous-partie propose une vue historiographique d'ensemble qui mentionne diverses hypothèses, parfois contradictoires, sur cette question de l'appartenance ou non aux Australopithèques. L'auteure poursuit en consacrant une sous-partie à l'environnement dans lequel vivait Orrorin tugenensis. En plus des résultats fournis (près d'un lac alcalin avec des zones marécageuses mais aussi des forêts sèches et des endroits plus humides), les procédés d'analyse sont décrits (études géochimiques et sédimentologiques). La dernière sous-partie de ce chapitre est focalisée sur la locomotion d'Orrorin tugenensis. On y apprend qu'il s'agissait d'un bipède et d'un grimpeur. L'étude de l'environnement est très important pour comprendre comment il vivait dans cet environnement boisé en étant bipède. L'auteur termine par un point historiographique sur l'origine de l'Homme et des différentes hypothèses émise, puis par une conclusion qui met en avant l'importance de l'étude d'Orrorin tugenensis pour améliorer notre compréhension de l'origine des hominidés. Ce chapitre, comme le premier, est très illustré, ce qui facilite la compréhension des passages plus techniques. On y découvre des photographies, des tableaux et des diagrammes tout au long de l'article.

Le troisième chapitre de l'ouvrage a été rédigé par Ronald J. Clarke. Il y raconte la découverte du "premier squelette presque complet d'Australopithecus", réalisée dans la grotte de Silberberg à Sterkfontein en Afrique du Sud. Il y présente la découverte en elle-même mais aussi, après une partie historiographique, les recherches qu'il a effectuées. Il y explique notamment le fait qu'il a étudié les inventaires d'ossements anciennement découverts dont certains avait été classés comme os de bovidés alors qu'il s'agissait en réalité d'os humains appartenant à ce squelette presque complet. L'auteur poursuit par le récit qu'il propose concernant la mort du défunt et tous les phénomènes taphonomiques (entre la mort de l'individu et sa fossilisation). On y apprend notamment les raisons pour lesquelles de nombreux os ont été fêlés voire brisés et déplacés. L'auteur fournit également quelques données de datation (comme par exemple la datation d'une brèche à 3,67 Ma). Pendant les fouilles, lorsqu'une grande partie du squelette a été identifiée, le chantier s'est arrêté afin de procéder au moulage in situ (directement sur le site avec les os toujours présents dans leur contexte archéologique). Cela a permis non seulement d'enregistrer certaines informations qui ont ensuite disparu lors de la reprise des fouilles (il ne faut pas oublier qu'une fouille archéologique est une action destructrice) mais également ultérieurement lors d'expositions et de mises en valeur de la grotte. Une fois les fouilles terminées et les ossements prélevés, les archéologues ont ainsi pu reconstituer quasi-intégralement ce squelette d'Australopithèque datant d'environ 3,67 Ma. A partir de la reconstitution du squelette de cet individu et de l'étude des os, les chercheurs ont obtenu de nouvelles données donc certaines totalement inédites chez des Australopithèques comme la longueur totale des jambes et des bras. Ils ont ensuite comparé les données précédemment obtenues avec celles récoltées pour les autres individus découverts dans la grotte dans les différents niveaux archéologiques. Dans la section suivante, intitulée "Taxinomie", l'auteur expose les difficultés concernant l'attribution des individus découverts à une espèce d'Australopithèque. En effet, les chercheurs ont longtemps rattachés tous les fossiles sud-africains à l'espèce A. africanus alors qu'il est plus judicieux de distinguer deux espèces distinctes : A. africanus et A. prometheus, cette dernière correspondant davantage à l'individu dont le squelette presque complet a été mis au jour. L'auteur argumente cette hypothèse en listant tous les éléments morphologiques rapprochant le squelette de A. prometheus et que ne possède pas A. africanus. Ce chapitre se termine par une brève conclusion qui insiste sur l'importance de la découverte de ce squelette mais aussi sur les méthodes inédites qui ont été utilisées au cours des fouilles. Ce squelette fournit aujourd'hui un modèle d'Australopithèque qui est et sera très utile lors des prochaines découvertes afin de comparer les ossements mis au jour avec celui-ci. Ce chapitre, d'abord écrit en anglais, est ensuite suivie de sa traduction en français. Les figures ne sont présentes que dans la version anglaise mais sont toutefois mentionnées dans la version française.

Le chapitre qui suit, rédigé par Yohannes Haile-Selassie, est intitulé "La diversité des hominines du Pliocène moyen. Nouvelles perspectives à Woranso-Mille, région Afar, Éthiopie". Tout comme l'article précédent, il est d'abord rédigé en anglais avec de nombreuses illustrations puis immédiatement dans sa version française. L'auteur débute son propos par une brève historiographie des études paléoanthropologiques réalisées dans la région depuis maintenant plus de 50 ans. La région de l'Afar est très importante puisque les archéologues y ont recensé pas moins de six sites majeurs, dont celui de Woranso-Mille qui fait l'objet d'une attention particulière de l'auteur dans la suite du chapitre. Le site et sa stratigraphie sont présentés et l'auteur insiste sur le côté très prolifique de ce dernier en matière de découverte d'ossements puisque les chercheurs y ont mis au jour pas moins de 12 600 spécimens fossiles de vertébrés dont environ 230 spécimens rattachés à des espèces humaines. L'auteur poursuit en présentant rapidement les découvertes principales d'ossements réalisées sur le site. Il y décrit tout d'abord un squelette partiel rattaché à A. afarensis découvert en 2005 et daté d'environ 3,6 Ma. Un pied partiel, découvert en 2009, a été daté entre 3,4 et 3,3 Ma mais n'est pour le moment rattaché à aucune espèce existante. Plusieurs restes ont été regroupés sous l'espèce A. deyiremeda qui n'est représentée que par ces quelques vestiges. Enfin, l'auteur évoque la découverte d'un crâne presque complet en 2016 qui pourrait être daté de 3,8 Ma et qui est attribué à A. anamensis. Après s'être attardé sur un site en particulier, l'auteur établit une réflexion générale sur la diversité des hominines au cours du Pliocène moyen. L'historiographie est très largement détaillée ce qui permet de bien comprendre les cheminements qui ont amené aux hypothèses actuelles. En effet, bien que les chercheurs aient longtemps cru qu'A. afarensis était le seul ancêtre de tous les hominines ultérieurs. Cette vision a depuis été largement remise en question à la suite de découvertes successives et même si l'origine du genre Homo est encore très mal connue, il s'avère qu'au moins deux espèces était contemporaines d'A. afarensis, à savoir A. bahrelghazali et K. platyops. Le chapitre s'achève par une brève conclusion dans laquelle l'auteur résume son propos en insistant sur l'importance du site de Woranso-Mille qui a livré de nombreux restes d'Australopithèques qui permettent ainsi de mieux comprendre l'évolution humaine. La poursuite des recherches sur ce site seront primordiales pour continuer d'améliorer notre compréhension sur cette période qu'est le Pliocène moyen.

Le chapitre qui suit se centre sur les premiers outils en pierre et la signification des traces de découpe de Dikika. L'auteur, Zeresenay Alemseged, commence tout d'abord par un rappel rapide de l'évolution humaine en abordant le fait que la production d'outils en pierre induit un développement comportemental qui fait suite à un besoin d'adaptation. Il s'agit d'une étape intermédiaire mais qui aboutira plus tard sur la production d'outils lithiques développée par le genre Homo. L'auteur poursuit en expliquant que la fabrication et l'utilisation d'outils en pierre sont des événements majeurs de l'évolution humaine. Il s'agit premièrement d'une aptitude unique (aucun autre mammifère ne fabrique d'outils pour acquérir de la nourriture) qui va engendrer de nombreuses conséquences non négligeables. En effet, en plus du changement d'environnement (moins boisé) qui résulte de la chasse de grands gibiers, la production d'outils en pierre permet désormais aux hominines de trancher, découper, racler, et même d'atteindre la moelle osseuse des animaux chassés. Avec le feu, ces préparations ont eu un impact majeur sur le développement comportemental, et notamment social, des hominines. S'en suit une longue partie historiographique. On y apprend que certains chercheurs ont, par le passé, pensé que seuls les humains utilisaient des outils en pierres (alors que les chimpanzés par exemple en utilisent). La suite se centre sur les données archéologiques, avec la plus ancienne preuve de l'utilisation d'outils lithiques et de la consommation de tissus animaux chez les hominines. En effet, l'auteur s'attarde longuement sur le site de Dikika, en Éthiopie, où une équipe d'archéologues, dont faisait parti l'auteur, à découvert des os modifiés par des outils lithiques. La découverte a été publiée dans Nature et à fait polémique. En effet, avant cette découverte, l'hypothèse privilégiée était celle selon laquelle les premiers hominines à utiliser et produire des outils lithiques appartenaient au genre Homo. Mais ces ossements ont été datés de 3,39 Ma et sont donc bien antérieurs à l'apparition du genre Homo. Cela a donc fait réagir de nombreux chercheurs sceptiques auxquels l'équipe de fouille à répondu. L'auteur poursuit en présentant en détail cette découverte qui remonte à 2010. En effet, une équipe d'archéologues a mis au jour le squelette le plus complet et le plus ancien rattaché à A. afarensis juvénile, qui a été daté de 3,3 Ma. Cette découverte, accompagnée d'un contexte archéologique bien établi, permet d'apporter de nouvelles informations concernant l'utilisation d'outils en pierre et la consommation de viande. Z. Alemseged explique notamment les différentes méthodes de collecte utilisées ainsi que les conséquences taxinomiques provoquées par l'utilisation de ces outils. Cette découverte est très importante puisqu'elle repousse de 800 000 ans l'utilisation d'outils lithiques par les hominines. La publication qui a suivi la mise au jour du squelette a beaucoup fait réagir le monde scientifique. L'auteur et son équipe ont alors émis l'hypothèse selon laquelle il est important de "séparer la question de l'origine d'un comportement, ici l'utilisation d'outils lithiques, de celle de son élaboration ultérieure, la fabrication d'outils lithiques" (p. 137). L'auteur conclut en insistant sur le fait que le travail de terrain reste primordial pour continuer d'étudier les cheminements évolutifs de la lignée humaine.

Afin de ne pas vous proposer un article qui vous prendrait trop de temps à consulter en intégralité, je m'arrête à ce chapitre pour le compte-rendu de l'ouvrage. Cependant, n'ayez crainte ! Si un chapitre que je n'ai pas traité vous intéresse, n'hésitez pas à me l'écrire en commentaire et je me ferai un plaisir d'en faire un compte rendu tels ceux présents ci-dessus !

Exemple d'images (pages 250/251) - Enzo l'Apprenti Archéologue

Exemple d'images (pages 250/251) - Enzo l'Apprenti Archéologue

5) : Ma critique

 

Tout d'abord, sur la forme, cet ouvrage renferme à la fois des articles en anglais et en français. Comme dit précédemment, ceux rédigés en langue anglaise sont immédiatement traduis en français ce qui permet aux non-bilingues de pouvoir bien comprendre l'ensemble des articles. La seule critique sur ce point que l'on pourrait émettre est le fait que dans les traductions françaises, aucune image n'est proposée (elles sont juste citées) ce qui oblige le lecteur à se rendre à chaque fois dans l'article anglais pour pouvoir les visualiser puis retourner dans l'article traduit pour continuer la lecture, ce qui ne facilite pas vraiment la fluidité de la lecture. Hormis cette remarque, mineure, le livre est assez maniable (pas trop volumineux).

Maintenant, si l'on porte notre attention sur le fond de l'ouvrage, plusieurs remarques peuvent être émises. En effet, les articles sont traités de manière chronologique ce qui permet de bien comprendre le sujet d'étude global, à sa voir l'évolution des premiers hommes. Cependant, il y a des répétitions dans certains chapitres, notamment en ce qui concerne le contexte historique et l'historiographie archéologique. Outre cette remarque, le grand point positif de cet ouvrage est que l'ensemble des articles proposés ont été rédigés par des spécialistes qui ont eux-mêmes participé à la recherche, notamment sur le terrain. Cela permet d'avoir une vision précise de l'état de la recherche actuelle concernant ces thématiques.

6) : Comment se le procurer ?

L'ouvrage est disponible en librairie ou sur les principaux sites de vente en ligne. Rendez-vous directement sur le site internet CNRS Editions : cliquez-ici pour en profiter au prix de 25,00€ !

 

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Rédigé par Enzo

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Publié le 25 Décembre 2021

Lorsque Quentin Mackie s'est glissé pour la première fois dans une grotte calcaire de la côte ouest de Haida Gwaii, un archipel situé au large de la côte nord de la Colombie-Britannique, il ne s'attendait pas à apprécier l'expérience. La grotte était froide, exiguë et humide, mais Mackie, archéologue à l'Université de Victoria en Colombie-Britannique, a trouvé les longues journées de fouilles souterraines plutôt agréables : "L'expérience sensorielle accrue" dans les passages était étonnante. Il raconte qu'une fois, alors qu'il faisait une pause dans une grotte noire de l'île Moresby, Tim Heaton, un paléontologue de l'université du Dakota du Sud, a ouvert une boîte de jus de fruits à 10 mètres de là, remplissant le tunnel d'une odeur accablante de pamplemousse.

Crédit photo : Fedje et al. 2021

Crédit photo : Fedje et al. 2021

Mais les joies de la fouille d'une grotte obscure n'étaient rien en comparaison de l'excitation que procurait ce qui était caché sous le pied : une pointe de lance en pierre, preuve que les premiers hommes se trouvaient dans cette grotte ou à proximité il y a des milliers d'années.

"Nous ne nous attendions pas à trouver des artefacts dans ces grottes", explique M. Mackie. L'objectif pour lui et son équipe, composée d'archéologues et de bénévoles, était de récupérer des restes d'animaux pour aider à reconstituer l'environnement ancien. Haida Gwaii présente un terrain calcaire, que les eaux souterraines ont érodé en un réseau de grottes karstiques fraîches, sombres, légèrement alcalines et difficiles d'accès : les conditions parfaites pour préserver les restes d'animaux et les artefacts.

Il y a près de vingt ans, Heaton a trouvé cette première pointe de lance en pierre, dans une grotte de l'île Moresby appelée K1. Depuis, l'équipe a fouillé deux autres grottes - Gaadu Din 1 et Gaadu Din 2 - sur l'île Huxley de Haida Gwaii, l'une des plus petites îles de l'archipel. Les fouilles, menées en collaboration avec Parcs Canada et la nation haïda, ont permis de récupérer d'autres outils et des restes d'animaux, y compris les plus anciennes preuves rapportées de chiens domestiqués en Amérique. Les résultats ont été publiés récemment dans Quaternary Science Reviews, ce qui donne un aperçu de la vie à Haida Gwaii il y a plus de 10 000 ans et un aperçu alléchant de ce qui pourrait être trouvé dans ses nombreuses autres grottes.

"Les trois [grottes] contenaient des preuves archéologiques, donc je pense qu'il y a des centaines de grottes comparables sur la côte", dit Mackie. Il est interdit au public d'entrer dans les grottes de Haida Gwaii. Les recherches ne sont menées que par des archéologues autorisés.

Crédit photo : Fedje et al. 2021

Crédit photo : Fedje et al. 2021

Les grottes sont des aimants pour les animaux et les personnes, explique Daryl Fedje, archéologue à l'Institut Hakai en Colombie-Britannique et auteur principal de l'étude. Mais contrairement à ce qui se passe dans d'autres régions du monde, où les grottes ont permis de réaliser de nombreuses découvertes archéologiques, les fouilles de grottes ne sont pas courantes en Colombie-Britannique. Dans cette province, les archéologues sont généralement engagés pour évaluer des projets de développement ou des sites d'exploitation forestière, et non pour explorer des grottes - bien qu'ils effectuent également des fouilles de recherche dans des villages et des sites intertidaux connus.

Plusieurs saisons de fouilles dans les trois grottes de Haïda Gwaii, qui sont toutes protégées par la Loi sur les parcs nationaux du Canada et la loi haïda, ont révélé une variété d'utilisations. K1 et Gaadu Din 1 étaient probablement des tanières à ours utilisées jusqu'à il y a 13 400 ans. L'équipe y a trouvé des armes, notamment des pointes de lance et des outils en écailles de pierre vieux de plus de 11 000 ans. Fedje explique que ces artefacts ont probablement été apportés par des animaux empalés ou par des chasseurs qui dépeçaient leurs prises. Entre-temps, les chasseurs ont probablement utilisé Gaadu Din 2 comme camp temporaire entre 12 500 et 10 700 ans. Fedje note que l'équipe a trouvé un foyer, des outils en pierre et des paillettes à réaffûter dans cette grotte.

Parmi les ossements d'animaux recueillis dans les grottes figurent les restes d'ours bruns et de cerfs. Les deux espèces semblent avoir disparu de l'archipel à la fin du Pléistocène, il y a environ 11 700 ans - bien que les cerfs aient été réintroduits par la suite. Alors que les ours bruns sont courants sur le continent de la Colombie-Britannique, il s'agit de la première preuve de leur présence sur Haida Gwaii, dit Fedje. Ce travail a "donné lieu à une histoire incroyable qui en dit long sur l'histoire de l'environnement et des gens".

Parmi les restes d'animaux, la dent est de loin la plus frappante. Grâce à l'analyse de l'ADN et à la datation au radiocarbone, l'équipe a pu déterminer qu'elle provenait d'un chien domestique ayant vécu il y a 13 100 ans - la plus ancienne preuve de la présence de chiens domestiques jamais signalée sur le continent américain. Qui plus est, les chiens sont "un indicateur de la présence humaine", explique M. Mackie. Cette découverte prolonge de 2 000 ans la durée de l'occupation humaine de Haida Gwaii telle qu'elle est enregistrée par les preuves archéologiques, mais M. Fedje s'attend à ce que d'autres recherches révèlent des artefacts qui la font remonter encore plus loin.

Crédit photo : Fedje et al. 2021

Crédit photo : Fedje et al. 2021

Loren Davis, archéologue à l'université d'État de l'Oregon qui n'a pas participé à l'étude, estime que ces découvertes sont passionnantes. La dent de chien, en particulier, "a été une découverte massive". Haida Gwaii et la côte de la Colombie-Britannique se trouvent à la porte des Amériques, dit-il, de sorte que le fait d'en savoir plus sur les premiers enregistrements culturels et environnementaux de la région a des implications importantes pour comprendre ce qu'était la vie des premiers habitants.

Skil Hiilans Allan Davidson, chef héréditaire haïda et archéologue qui a participé aux fouilles des trois grottes, souligne que les artefacts et les restes d'animaux sont plus que de simples découvertes anciennes. Qu'il s'agisse d'une mandibule d'ours ou d'une empreinte humaine fossilisée, les découvertes archéologiques et paléontologiques ont une signification pour les peuples autochtones. Le peuple haïda vit sur Haïda Gwaii et en prend soin depuis des milliers d'années, explique M. Davidson. Les histoires orales de sa nation racontent la profonde histoire du peuple haïda dans cette région, et l'archéologie occidentale commence tout juste à rattraper ce retard.

Q̓íx̌itasu Elroy White, archéologue Heiltsuk et propriétaire de Central Coast Archaeology, qui n'a pas participé à l'étude, a été heureux de constater que les auteurs ont inclus les histoires orales dans leur travail publié, mais il aurait souhaité qu'ils soulignent l'importance des histoires en les plaçant plus haut dans le document. Il aimerait également que les archéologues non autochtones traduisent leurs résultats dans les langues autochtones pertinentes lorsqu'ils effectuent des recherches dans les communautés des Premières nations.

M. Mackie convient que la compréhension des histoires autochtones et un contexte culturel plus profond permettent une meilleure archéologie. "La truelle n'est pas le seul moyen de connaître l'histoire humaine profonde", dit-il.

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Publié dans #Les News, #Amérique

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Publié le 18 Décembre 2021

Une mission germano-égyptienne sur le site archéologique d'Al-Sheikh Hamad à Tel Atribis à Sohag a mis au jour une collection de 13 000 ostraca (fragments de récipients en argile) portant des textes gravés en démotique, hiératique, copte, grec et arabe, a déclaré mercredi le ministère égyptien des Antiquités et du Tourisme.

Crédit photo : Egypt. Ministry of Tourism & Antiquities

Crédit photo : Egypt. Ministry of Tourism & Antiquities

"Il s'agit d'une découverte très importante car elle permet de faire la lumière sur l'économie et le commerce à Atribis au cours de l'histoire. Le texte révèle les transactions financières des habitants de la région, qui achetaient et vendaient des provisions telles que du blé et du pain", a déclaré Mostafa Waziri, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités.

Christian Latis, chef de la mission allemande, explique que les archéologues étudient actuellement les ostraca afin d'en savoir plus sur les activités des anciens habitants de la région.

Latis suggère que le texte écrit sur les ostraca indique que la zone a pu abriter une école pour l'enseignement de l'écriture démotique, hiératique, hiéroglyphique et grecque.

Mohamed Abdel-Badia, chef du département central de la Haute-Égypte, a révélé que la mission a également trouvé une collection d'ostraca datant de l'époque romaine ou byzantine.

Atribis était l'une des anciennes villes des neuf nomes de l'Égypte ancienne. Elle est située sur la rive ouest du Nil, au sud-ouest de la ville de Sohag.

Voici maintenant des photos du site et des ostraca découverts...

👇 DIAPORAMA 👇

Egypte : Découverte d'une cachette de 13 000 ostraca à Sohag, en Haute-Egypte !
Egypte : Découverte d'une cachette de 13 000 ostraca à Sohag, en Haute-Egypte !
Egypte : Découverte d'une cachette de 13 000 ostraca à Sohag, en Haute-Egypte !
Egypte : Découverte d'une cachette de 13 000 ostraca à Sohag, en Haute-Egypte !
Egypte : Découverte d'une cachette de 13 000 ostraca à Sohag, en Haute-Egypte !
Egypte : Découverte d'une cachette de 13 000 ostraca à Sohag, en Haute-Egypte !
Egypte : Découverte d'une cachette de 13 000 ostraca à Sohag, en Haute-Egypte !

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