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Publié le 22 Juillet 2021

Au cours d'une fouille sous-marine de la cité engloutie d'Héracléion dans la baie d'Abu Qir à Alexandrie, la mission franco-égyptienne, dirigée par l'Institut européen d'archéologie sous-marine (IEASM), a mis au jour les vestiges d'un navire militaire et d'un complexe funéraire.

Crédit photo : Egyptian Ministry of Antiquities

Crédit photo : Egyptian Ministry of Antiquities

Mostafa Waziry, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités d'Égypte, a annoncé la découverte des restes d'un navire militaire dans la ville submergée de Thônis-Heracleion, qui a coulé en recevant d'énormes blocs du célèbre temple d'Amon au IIe siècle avant J.-C. Le navire devait être amarré à un débarcadère dans le canal qui longeait la face sud du temple, lorsqu'il a été totalement détruit lors d'un cataclysme. Les blocs tombés ont maintenu les précieux vestiges navals cloués au fond du profond canal avec les débris du sanctuaire.

Selon le chef du secteur des antiquités égyptiennes au ministère du Tourisme et des Antiquités d'Égypte, Ayman Ashmawy, le navire a été détecté sous près de 5 mètres d'argile dure mélangée à des débris de temples grâce à un prototype de sondeur de fond électronique de pointe.

Crédit photo : Egyptian Ministry of Antiquities

Crédit photo : Egyptian Ministry of Antiquities

L'archéologue français Franck Goddio a souligné que les découvertes de navires de cette époque restent extrêmement rares, le seul exemple étant le navire punique Marsala (235 av. J.-C.). Les navires hellénistiques de ce type étaient totalement inconnus d'un point de vue archéologique avant cette découverte.

Ehab Fahmy, chef du département central des antiquités sous-marines, a déclaré que l'étude préliminaire montre que la coque de ce navire a été construite dans la tradition classique et s'est appuyée sur de longs joints à tenon et mortaise et une structure interne bien développée. Cependant, elle présente également des techniques de construction égyptiennes anciennes. Il s'agissait d'un navire à rames qui était également pourvu d'une grande voile, comme en témoigne son pied de mât aux dimensions considérables. Ce long bateau avait un fond plat et une quille plate, ce qui était très avantageux pour la navigation sur le Nil et dans le delta. Certaines caractéristiques typiques de la construction navale égyptienne ancienne, ainsi que les preuves de réutilisation du bois, indiquent que le navire a été construit en Égypte. Avec une longueur de plus de 25 m, il avait un rapport longueur/largeur proche de six pour un.

Crédit photo : Egyptian Ministry of Antiquities

Crédit photo : Egyptian Ministry of Antiquities

Dans une autre partie de la ville, un tumulus s'étendant le long du canal d'entrée nord-est a également révélé les vestiges d'une vaste zone funéraire grecque, tous recouverts de riches offrandes. Ils datent des toutes premières années du IVe siècle avant J.-C. Cette découverte illustre à merveille la présence des marchands grecs qui vivaient dans cette ville, contrôlant l'entrée de l'Egypte à l'embouchure de la branche canopique (Canope) du Nil. Les Grecs ont été autorisés à s'installer dans cette ville à la fin des dynasties pharaoniques. Ils ont construit leurs propres sanctuaires près de l'immense temple d'Amon. Ceux-ci furent détruits simultanément et leurs vestiges sont retrouvés mélangés à ceux du temple égyptien.

D'importants vestiges du temple d'Amon ont glissé dans le canal profond lors d'un glissement de terrain provoqué par un phénomène de liquéfaction des terres. Ils sont les témoins de la richesse des sanctuaires de cette cité, aujourd'hui située sous la mer à 7 kilomètres de la côte actuelle de l'Egypte.

Crédit photo : Egyptian Ministry of Antiquities

Crédit photo : Egyptian Ministry of Antiquities

Thônis-Heracleion a été pendant des siècles le plus grand port égyptien sur la mer Méditerranée, avant la fondation d'Alexandrie par Alexandre le Grand en 331 avant notre ère. Plusieurs tremblements de terre, suivis de raz-de-marée, ont provoqué des liquéfactions terrestres, entraînant l'effondrement dans la mer d'une portion de 110 kilomètres carrés du delta du Nil, avec les villes de Thônis-Heracleion et Canope. Les deux villes ont été redécouvertes par l'IEASM en collaboration avec le département d'archéologie sous-marine du ministère du Tourisme et des Antiquités, respectivement en 2001 et 1999.

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Rédigé par Enzo

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Publié le 27 Avril 2020

Des archéologues rattachés au centre polonais de l'archéologie méditerranéenne de l'Université de Varsovie ont mis au jour les murs d'une église vieille de 1 000 ans en Éthiopie.

Crédit photo : M. Mackiewicz (CAS UW)

Crédit photo : M. Mackiewicz (CAS UW)

Après seulement 8 jours de fouille sur le site, le chantier s'est brusquement interrompu à cause du coronavirus. L'équipe, menée par la docteur Michela Gaudiello, a décidé d'utiliser un drone pour les aider dans leurs recherches. Aujourd'hui, seuls de grands piliers en pierre ont été découverts sur le sommet de la colline. Il s'agit des vestiges d'une ancienne église médiévale datant de près de 1 000 ans : l'église de Debre Gergis.

La docteur Gaudiello s'est exprimée à propos de la découverte :

Les habitants savaient qu'il y avait autrefois un temple chrétien [probablement orthodoxe] à cet emplacement mais à cause de son mauvais état de conservation, nous ne savons toujours pas exactement à quelle période il a été édifié ni la structure complète du bâtiment. Nous sommes la première équipe au monde à utiliser un drone a des fins de documentation archéologique en Éthiopie.

Crédit photo : M. Mackiewicz (CAS UW)

Crédit photo : M. Mackiewicz (CAS UW)

Au cours des deux campagnes de fouilles, les chercheurs ont remarqué la présence de murs endommagés constituant probablement la partie extérieure d'une église médiévale. L'un d'entre eux contient encore des pieux à l'intérieur. De plus, un fragment de l'abside a été découvert, sous la forme de blocs de pierre posés sur le sol, en forme semi-circulaire.

Les chercheurs ont également rapporté la découverte d'un bloc de pierre sur lequel sont gravées des inscriptions en éthiopien. Une analyse préliminaire réalisée sur des fragments de récipients en céramique découverts juste à côté du bloc suggère qu'il date d'entre 700 et 1100 après J-C. Des travaux de traduction sont encore en cours afin de déterminer exactement ce qu'il y a marqué sur ce bloc de pierre.

Crédit photo : M. Mackiewicz (CAS UW)

Crédit photo : M. Mackiewicz (CAS UW)

Le site de Debre Gergis était un point important des routes commerciales reliant l'Afrique intérieure à Axoum ("Axum"), la capitale d'un état chrétien qui existait aux premiers siècles de notre ère.

Dans le cadre du projet de recherches, les chercheurs ont effectué un important travail de reconnaissance autour du site car la nos connaissances archéologiques sur la région sont très réduites. De manière plus générale, nous ne savons quasiment rien de l'histoire ancienne de cette région.

Le docteur Gaudiello, originaire d'Italie, a une grande expérience sur les fouilles en Éthiopie. Elle a par ailleurs été nommée chef du projet dans le cadre d'une compétition internationale annoncée par le centre polonais d'archéologie méditerranéenne de l'université de Varsovie.

 

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Rédigé par Enzo

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