europe de l'ouest

Publié le 17 Septembre 2021

Situé dans la commune de Saint-Cybardeaux en Charente, le site gallo-romain des Bouchauds est constitué d'un sanctuaire et d'un théâtre. Il est visitable gratuitement tout au long de l'année. Cet été, du 9 au 20 août 2021, des fouilles archéologiques ont été menées sous la direction de l'archéologue Lucie Carpentier.

Il s'agit d'une campagne triennale qui se déroulera de 2021 à 2023. L'objectif de cette campagne est de se concentrer sur l'édifice H qui se situe au sein du sanctuaire, et plus précisément sur l'enceinte sacrée de ce dernier que l'on appelle le péribole.

Vue du chantier de fouilles (direction nord-ouest) - Crédit photo : Enzo l'Apprenti Archéologue

Vue du chantier de fouilles (direction nord-ouest) - Crédit photo : Enzo l'Apprenti Archéologue

Pourquoi fouiller cet édifice ?

L'archéologue responsable des fouilles, L. Carpentier, a voulu consacrer cette campagne dans le but de déterminer la nature de ce bâtiment H. S'agit-il d'une conciergerie, d'une salle de banquet, d'une annexe, ... ? Le seul moyen de le savoir est bien évidemment de fouiller la zone. L'équipe de fouilles qui a excavé les lieux était composée de 10 étudiants (licence ou master en archéologie) en plus de la responsable d'opération (RO) et de la responsable de secteur (RS).

 

Avant les fouilles...

Avant même l'arrivée des archéologues bénévoles, les RO et RS ont réalisé un premier décapage à la pelle mécanique afin d'enlever la plus grande part de terre végétale qui recouvrait le monument antique. La caractéristique de ce décapage est qu'étant situé dans une zone Natura 2000, il a été impossible de couper le moindre arbre, ce qui a posé quelques problèmes puisque que le site se trouve en forêt.

Malgré les arbres encore présents après le décapage, le monument a commencé à apparaître et les premières découvertes ont été recensées. En effet, des fragments de sol, encore en place pour la plupart, ont commencé à apparaître tout comme les murs du bâtiment.

Une belle découverte a eu lieu dès le décapage. En effet, un bloc architectonique gravé a été mis au jour, le tracé géométrique rappelant un cadran solaire.

Fouille d'un ancien sondage au sud est du chantier - Crédit photos : Enzo l'Apprenti ArchéologueFouille d'un ancien sondage au sud est du chantier - Crédit photos : Enzo l'Apprenti Archéologue

Fouille d'un ancien sondage au sud est du chantier - Crédit photos : Enzo l'Apprenti Archéologue

Et alors, qu'ont fait les fouilleurs pendant cette campagne 2021 ?

La première étape des fouilleurs a été de redresser les bermes réalisées avec la pelle mécanique pour qu'elles soient bien droites. (Les bermes sont les bords de la tranchée). Pour ce faire, plusieurs outils ont été utilisés comme la truelle, la rasette, la pioche, la brosse, le sécateur (une zone forestière signifie beaucoup, beaucoup (trop) de racines !) puis le pinceau pour finaliser le travail en rendant la zone la plus propre possible.

Une fois la première étape achevée, l'équipe de fouilles a commencé à dégager les murs (dont le mur de péribole), rendus visibles par le décapage réalisé auparavant, en enlevant la terre végétale qui était encore présente malgré le passage de la pelle mécanique. Les murs sont donc devenus en quelques jours bien plus visibles, ce qui a permis de se faire une idée de la forme des pièces qui constituent le monument H. Cela a permis de modifier le plan réalisé par les sondeurs du siècle précédent.

Pendant le dégagement et le nettoyage des murs, une partie des fouilleurs s'est occupée d'enlever la terre végétale présente dans les tranchées afin d'égaliser le niveau sur toute la largeur des tranchées (fond de la berme extérieur, du mur et de la partie centrale de la tranchée).

Quelques autres étudiants, ainsi que la RO et la RS, se sont attardés sur les anciens sondages. Le but a été de les localiser puis d'enlever la terre végétale de comblement qui avait pris place à l'intérieur. L'opération s'est bien déroulée puisque la plupart des sondages ont été fouillés. Parfois, il a été difficile de déterminer les dimensions des sondages, comme par exemple le sondage 3 réalisé au nord de la zone de fouilles qui n'a pas été très visible pendant un long moment. Une caractéristique commune à tous les anciens sondages ? Dans chacun d'entre eux était présente une bouteille de bière ce qui a permis de savoir avec certitude que nous étions bien dans un sondage ancien !

Deux tranchées ont également été réalisées au nord de la zone de fouilles (tranchées ouest et est) afin de pouvoir mieux comprendre la stratigraphie du site. Ces tranchées rectangulaires ont permis de révéler trois couches principales : la couche inférieure constituée d'argile et de silex plus ou moins grands, la couche anthropique constituée de calcaire et de TCA (Terre Cuite Architecturale) puis le niveau supérieur constitué de terre végétale très meuble.

Mur de péribole mis au jour (avant / après) - Crédit photos : Enzo l'Apprenti ArchéologueMur de péribole mis au jour (avant / après) - Crédit photos : Enzo l'Apprenti ArchéologueMur de péribole mis au jour (avant / après) - Crédit photos : Enzo l'Apprenti Archéologue

Mur de péribole mis au jour (avant / après) - Crédit photos : Enzo l'Apprenti Archéologue

Qu'ont-ils découvert de plus que les premiers sondeurs de la zone aux XIXe et XXe siècles ?

Dès le décapage à la pelle mécanique, des murs jusque là inconnus sont apparus, ce qui a permis de modifier le plan réalisé au XXe siècle. Ces découvertes de murs se sont poursuivies au cours des fouilles ce qui a permis d'affiner le plan général du bâtiment et ainsi de rendre obsolète le plan réalisé par les prédécesseurs.

Aux siècles précédents, les chercheurs n'ont réalisé que de petits sondages à quelques endroits du site ce qui ne permettait pas d'obtenir une vision à la fois globale et précise du site. Grâce aux fouilles réalisées cette année, les connexions entre les murs ont été établies permettant ainsi de dessiner un plan bien plus précis.

Parmi les différents fragments de sol encore en place mis au jour dans la plupart des pièces (5 pièces nommées A, B, C, D, E), un fragment a été découvert en dehors des limites murales connues. Or, ce type de sol n'est utilisé, sur ce site, que dans des pièces fermées. Cela laisse fortement penser qu'une autre pièce existerait et appartiendrait à ce bâtiment H. Mais encore une fois, le seul moyen de le savoir est de fouiller. Malheureusement, si elle existait, cette pièce ne se situe pas dans la zone actuelle des fouilles donc il n'est pas possible de vérifier tout de suite son existence. Si le chantier avance bien, peut-être que la zone sera agrandie à l'ouest pour vérifier l'existence de cette sixième pièce...

Les archéologues ont également réalisé des découvertes plus rares comme une structure en terre cuite (un évier ?), un foyer accompagné de traces de rubéfaction sur certaines pierres ainsi que des cendres, une pièce de monnaie, ainsi qu'une magnifique pièce de canalisation (monolithe). Pour cette dernière, qui se trouve dans le mur nord au niveau de la pièce E, deux choix d'interprétation se posent à nous : il s'agit soit d'une pièce encore en place (des éléments de calage ont été découverts, symétriquement, de chaque côté du monolithe, soit d'une pièce de canalisation qui a été récupérée puis replacée dans le mur à la place des moellons.

Pièce de canalisation découverte dans un mur - Crédit photos : Enzo l'Apprenti ArchéologuePièce de canalisation découverte dans un mur - Crédit photos : Enzo l'Apprenti Archéologue

Pièce de canalisation découverte dans un mur - Crédit photos : Enzo l'Apprenti Archéologue

Quel mobilier a été découvert ?

Au cours des fouilles, les archéologues (bénévoles et professionnels) ont réalisé de nombreuses découvertes de mobiliers archéologiques. Voici un récapitulatif des découvertes :

  • De nombreux fragments de céramique (commune, sigillée et "à parois fines")
  • Des restes de faunes (os d'animaux)
  • Des fragments de verre (parfois très petits) antiques mais aussi contemporains (sondages)
  • Des coquillages (ou fragments) : notamment des coquilles d'huîtres
  • Des joints tirés au fer
  • Un couteau en métal
  • Des TCA (Terre Cuite Architecturale), et plus précisément des tuiles, bien préservées avec notamment l'encoche encore visible.
Couteau métallique découvert sur le chantier - Crédit photo : Enzo l'Apprenti Archéologue

Couteau métallique découvert sur le chantier - Crédit photo : Enzo l'Apprenti Archéologue

Après les fouilles...

Une fois les fouilles terminées, les fouilleurs ont réalisé des relevés altimétriques pour savoir quel est le niveau d'apparition des vestiges par rapport à la colline. Ils ont également rempli des fiches US (Unité Stratigraphique) afin d'enregistrer toutes les données recueillies. Des croquis ont également été réalisés afin de pouvoir bien visualiser l'allure du bâtiment général mais aussi chacune des pièces avec leurs caractéristiques.

Une société (Géosat) est également intervenue à la toute fin du chantier pour faire des scans 3D du site ce qui permettra de produire un modèle en trois dimensions de la zone de fouilles afin de bien comprendre comment tous les éléments s'organisent.

D'ici la fin d'année, les responsables d'opération et de secteur analyseront les données ainsi récoltées afin de produire un rapport qui sera transmis au SRA (Service Régional de l'Archéologie).

Pan de mur écroulé bien conservé - Crédit photo : Enzo l'Apprenti Archéologue

Pan de mur écroulé bien conservé - Crédit photo : Enzo l'Apprenti Archéologue

Remerciements à Lucie Carpentier, responsable du chantier, pour la supervision de cet article !

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Publié le 15 Septembre 2021

Des archéologues travaillant sur le projet HS2 ont découvert des preuves de l'existence d'une église anglo-saxonne, située à St Mary's Old Church à Stoke Mandeville, en Angleterre.

Crédit photo : HS2

Crédit photo : HS2

Des fouilles ont été menées par LP-Archaeology en collaboration avec Fusion-JV, afin d'examiner une église normande construite en 1080 après J.-C. et un cimetière associé.

Sous les niveaux normands, l'équipe a découvert des murs en silex formant une structure carrée, entourée d'une limite circulaire et de sépultures. Les fondations de la structure mesurent environ 1 mètre de large et présentent des similitudes avec l'église saxonne de Barton-upon-Humber, à St Peter.

Crédit photo : HS2

Crédit photo : HS2

Dans les fondations, on trouve des traces de tuiles romaines, ce qui suggère que les Saxons ont construit l'église primitive en utilisant des matériaux romains recyclés provenant d'une colonie romaine voisine.

Le Dr Rachel Wood de Fusion JV a déclaré : "Le travail entrepris à Old St Mary's est une occasion archéologique unique de fouiller une église paroissiale médiévale qui a plus de 900 ans de signification pour la communauté locale. Cela nous permet également d'en apprendre davantage sur la communauté qui utilisait l'église et de comprendre la vie qu'elle menait.

Woods a ajouté : "Le fait qu'il en reste une si grande partie, y compris les murs et même le sol, fournira beaucoup d'informations sur le site avant la construction de l'église normande en 1080. La découverte de cette église pré-normande, peut-être saxonne, est une occasion unique pour les archéologues et permettra de mieux comprendre l'histoire de Stoke Mandeville."

Helen Wass, responsable du patrimoine de HS2, a déclaré : "Une fois de plus, notre vaste programme d'archéologie nous a donné la possibilité d'en révéler davantage sur l'histoire de la Grande-Bretagne. La découverte d'une église pré-normande à Stoke Mandeville nous permet de nous faire une idée plus précise de ce que devait être le paysage du Buckinghamshire il y a plus de 1000 ans.

Lien utile (en anglais) ==> Le site officiel du H2S :

Source :

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Publié le 14 Septembre 2021

Une équipe d'archéologues a mis au jour un alignement de 13 menhirs sur un chantier de construction aux "Fougains", sur la commune de Saint-Léonard, dans le canton du Valais, en Suisse.

Crédit photo : Municipal Administration of Saint-Leonard

Crédit photo : Municipal Administration of Saint-Leonard

Les fouilles ont été menées par le bureau régional de Saint-Léonard, en collaboration avec le bureau cantonal d'archéologie du canton du Valais.

La datation au carbone 14 du matériel organique trouvé sur le site est en cours, mais sur la base d'autres découvertes faites dans la région de Saint-Léonard, les archéologues pensent que les menhirs ont été érigés au Néolithique récent (environ 2500 av. J.-C.).

Crédit photo : Municipal Administration of Saint-LeonardCrédit photo : Municipal Administration of Saint-Leonard

Crédit photo : Municipal Administration of Saint-Leonard

En effet, un alignement similaire de menhirs a été découvert en 1964 dans la ville voisine de Sion au "Petit Chasseur".

Une fois le relevé sur place terminé, les pierres seront retirées pour être inspectées. Dès que la phase d'analyse sera terminée, les discussions reprendront en collaboration avec l'office cantonal pour déterminer comment exploiter cette extraordinaire découverte au profit de la communauté locale.

Lien utile (en français) :

Source (en anglais) :

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